Mutuelles, d’un rôle accessoire à principal ?

de | 09/12/2011

La protection sociale Française présente la particularité de s’articuler autour de deux pôles principaux qu’il nous appartient de décrire successivement.

Tout d’abord, nous retrouvons bien entendu l’Assurance Maladie qui est l’émanation de la protection sociale obligatoire fondée sur les cotisations sociales payées à la fois par les salariés et les entreprises au profit de la constitution d’un système de répartition équitable. En effet en France, le niveau de protection sociale accordé à chaque citoyen est le même en dépit de son activité professionnelle ou de sa propension à recourir aux services médicaux. Il s’agit d’un système remarquable qui est d’ailleurs envié dans le monde entier car la France fait figure d’exception en la matière.

Toutefois, cette situation souvent décrite comme idyllique à l’étranger est aujourd’hui en train de se dégrader à une vitesse déconcertante car l’Assurance Maladie ne parvient plus à honorer l’intégralité de ses dépenses du fait de la conjonction de deux phénomènes. D’une part, les dépenses de santé connaissent une augmentation assez importante depuis une décennie environ principalement à cause du perfectionnement technologique des solutions employées pour soigner les patients. D’autre part, les recettes collectées par l’Assurance Maladie sont en net recul dans la mesure où elles sont essentiellement basées sur les cotisations salariales et patronales acquittées dans le cadre d’une activité professionnelle salariée ou indépendante.

C’est pourquoi, près de 40 millions de Français sont aujourd’hui couverts par une mutuelle à titre complémentaire. C’est effectivement la deuxième partie articulée de la protection sociale en France qui présentait initialement une vocation uniquement accessoire mais qui tend à devenir quasiment principale au fil des ans. En effet, la part remboursée par les organismes mutualistes devient toujours plus élevée si bien que ces derniers s’interrogent sur l’opportunité de continuer à exister sans bénéficier de ressources financières supérieures car elles sont exclusivement constituées par les cotisations acquittées par les adhérents.